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L’EDITO DE LA SEMAINE. La petite chambre sur la terrasse

« Faisons-lui une petite chambre sur la terrasse ; nous y mettrons un lit, une table, un siège et une lampe, et quand il viendra chez nous, il pourra s’y retirer ». (2 Rois 4,10) Voici une belle définition d’une paroisse, donnée, sans le vouloir, par le deuxième livre de Rois que nous lisons aujourd’hui : un lieu bien préparé par d’autres pour d’autres encore. Des hommes et des femmes sont là, ne connaissent pas ceux ni celles qui vont passer, mais ils comprennent l’importance de les accueillir et de leur faire place dans la maison. Une paroisse est un lieu de passage, personne ne peut penser en être le propriétaire, car nous sommes tous des étrangers à un moment donné.
Même si ce n’est que pour un instant, même si on ne s’en souvient pas, il y a un jour où on a mis le pied par la première fois, comme des étrangers, dans ce bâtiment, qui, après, est devenu notre paroisse.
Avant nous, combien de milliers de personnes ont prié ici ? Combien ont célébré leur vie et leur foi ?  Et après nous ? Qui peut le dire ? Pas nous, heureusement, c’est à l’Esprit saint de le dire !
Cette forêt de colonnes qu’est Saint-Eustache nous apprend l’humilité : sous ses voûtes on est si petit, comme des enfants face à une montagne, le regard ne peut que se lever vers le haut, vers le Sommet. La lumière nous envahit et nous embrasse doucement, comme le murmure d’une brise légère sur une montagne (1 Rois 19,12).
L’humilité doit être un des fondements de notre Assemblée. Nous devons nous rappeler que nous sommes de simples serviteurs sans profit (Lc 17,10). Nous sommes rassemblés, nous sommes Assemblée, car on a besoin de nos frères et sœurs pour cheminer vers notre joie. Mais, en même temps, nous devons servir nos frères et sœurs, car en chacun et chacune nous essayons de voir l’image de notre Dieu. Une dynamique d’action et d’accueil qui est difficile à mettre en place, un équilibre très fragile, car chacun et chacune doit avoir sa place, mais apprendre aussi que cette  place même ne lui appartient pas.
Les singuliers se perdent dans l’unité, dans ce nom collectif qui est notre Assemblée chrétienne, comme l’Église, Corps du Christ fractionné et distribué pour la multitude.
Et notre Assemblée à Saint-Eustache est bien une Église universelle en miniature, dans toute sa variété, unicité et unité.
Nous sommes donc appelés à être une petite chambre sur la terrasse pour chaque pèlerin qui passe, afin qu’il puisse s’y retirer et y rencontrer Dieu. Merci à cette petite chambre parisienne sur la terrasse …
Federico Defendenti, membre sortant de l’Équipe Pastorale.

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