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L’édito de la semaine. Exercice de relecture spirituelle

Depuis des années, le monde entier se demande pourquoi les Français sont si sombres. Pourquoi ils ne sont plus aussi brillants, éclairants, légers, inspirants. C’est une question que l’on se pose en Asie, en Afrique ou en Amérique, comme chez nos compagnons de route européens.
L’humeur des Français ne changera pas en un dimanche de scrutin présidentiel. Le pouvoir d’un seul homme ne fera pas en un jour une nouvelle nation.
Mais, depuis ce dimanche, il flotte un appétit de connaître la suite de l’Histoire et une espérance que cette suite ne soit pas forcément sombre.  « Vaincus » et « vainqueurs » espèrent des réformes justes et saines, des nouveaux hommes et femmes politiques francs et courageux.
Chacun peut à son échelle contribuer à cette nouvelle humeur, à cette nouvelle réalité. Nous regardons trop souvent la prestation quinquennale du président élu comme le feraient des spectateurs au théâtre. Nous l’applaudissons, ou plus souvent nous le sifflons. Pourtant, sa prestation est aussi la nôtre. En tout cas, la pièce qui se joue est une partie de notre vie.
Un homme seul ne changera pas le monde. Cela n’est pas souhaitable. Ceux qui s’y sont risqués dans l’Histoire ont souvent été dangereux. Mais un homme seul peut ouvrir les yeux de ses électeurs sur la réalité du monde, l’entraîner vers l’action et l’enthousiasme. Cela s’est déjà vu.
Restent les fissures de ce long combat dans notre communauté de chrétiens. Savoir débattre en paix est une preuve de vie et de dynamisme. Le P. François Boëdec, s.j., président du centre Sèvres, dans un entretien à La Croix cette semaine, revenait sur ce dialogue nécessaire. «  Un des principaux enjeux de nos communautés chrétiennes, c’est de parvenir à se parler. »
Celui qui a animé pendant longtemps le groupe sida vie spirituelle à Saint eustache proposait pour l’été qui vient « un exercice de relecture spirituelle de ces derniers mois: cette campagne a-t-elle été au service de la parole ? Comment je me suis situé ? Quelle place ont occupé mes passions, mes affects, mes sentiments dans mes choix ? Comment ai-je organisé ma hiérarchie de valeurs ? Qu’est-ce qui manque peut-être à cette hiérarchie ? Ai-je demandé au Seigneur de m’éclairer ? »
Pierre Cochez, rédacteur en chef de Forum Saint-Eustache

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